Forum destiné aux stagiaires et passionnés du 3 mâts barque Belem
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Myriam Villert
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1754
Localisation : Orly
Nb de stages : 30
Nb de jours : 171
Nb de milles : 14 379 milles :

- Traversée Atlantique en 2008
- Maroc 2009
- Irlande 2010
- Tour de Corse 2011
- Iroise Manche Méditerranée
de 2004 à 2007

Date d'inscription : 24/05/2004

MessageSujet: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 11:58

eau Récit de Yann Saint Caradec sur sa navigation à bord du Belem en 2002 / Odyssée du Belem.

Encore une petite perle trouvée en naviguant sur la toile ... de la lecture ! que de lecture mais un vrai régal !! yess
Je copie colle le texte ici car les méandres du web sont assez compliqués pour trouver ce récit et l'Url incompréhensible ...

Citation :
Ma navigation océanique sur le Belem, le trois-mâts école cher au cœur des Français

Le 5 juillet 2002, j’embarque pour la première fois de ma vie sur un voilier. La navigation durera dix jours. Avant de partir, je ne sais pas si je serai sujet au mal de mer ni si je supporterai la promiscuité. J’affronte l’inconnu sans appréhension.
Par touches successives, ce témoignage relate la vie quotidienne sur le Belem, son organisation et les petits à-côtés qui pimentent la traversée.


Du commerce du cacao à l’odyssée du Belem à travers l’Atlantique
Du 10 février au 14 juillet 2002, le Belem effectue une grande tournée à travers l’Atlantique en passant par Dakar avant de mettre le cap sur Belém de Para (Brésil). Sur le chemin du retour, après une incursion sur l’Amazone, passage à la Martinique, aux Bermudes, aux Açores avant de rejoindre Saint-Nazaire.

Le Belem retourne sur ses terres d’origine, à Belém de Para, le port qu’il fréquentait dans sa jeunesse pour ramener les fameuses fèves de cacao destinées aux Chocolats Meunier. Le Belem (Bethléem en portugais) tire son nom de ce port. A cette époque, sur le chemin de retour vers Nantes – son port d’attache – le Belem mouillait à la Martinique pour embarquer du rhum et du sucre. Le 8 mai 1902 son aventure aurait pu se terminer là si la baie de Saint-Pierre-de-la-Martinique (capitale de l’époque), située au Sud, n’avait pas été encombrée. Un sur booking qui contraignit le Commandant à mouiller au Nord de l’île. Bien lui en prit car lors de la nuit qui suivit, la Montage Pelée se mit en fureur et détruisit tous les navires de la baie et provoqua la mort de 100 000 personnes ! Au cours de sa vie ultérieure, le Belem sera confronté à d’autres situations délicates dont il se sortira toujours indemne. Comme quoi, ce bateau a une baraka extraordinaire.
En 2002, la fondation Belem, propriétaire du navire, décide d’organiser cette odyssée dont le point d’orgue est le centième anniversaire de l’éruption de la Montagne Pelée. Cette grande virée est divisée en plusieurs étapes correspondant chacune à un stage dont la durée est variable. Les plus longues sont la transatlantique entre Dakar et le Brésil en franchissant le Pot au Noir (l’Équateur) et celle reliant les Açores à la France. C’est par hasard, en consultant mon compte bancaire sur Internet – la banque qui a permis le retour du Belem en France en 1979 - que j’apprends l’existence de cette odyssée. Ni une, ni deux, je saisis l’occasion. Elle est vraiment trop belle pour être ratée. Il y a déjà quelques mois que ça me titille de vivre une telle expérience, à force de voir ces majestueux trois-mâts amarrés tous les quatre ans aux quais de Rouen. C’est décidé, je choisis la dernière étape de l’odyssée, Ponta Delgada – Saint-Nazaire, 1 200 milles en dix jours. Une occasion également d’aller découvrir, avant l’embarquement, l’une des îles des Açores, Sao Miguel et ses routes bordées d’hortensias et d’agapanthes en fleur.


Embarquement à Ponta Delgada
A peine embarqués, l’un des lieutenants (adjoint du Commandant) nous retire nos passeports et nous remet en contrepartie un carton doté d’un numéro, le 45 pour moi. Comme les autres stagiaires, je suis dorénavant sous la responsabilité du Commandant Michel Péry, « seul maître à bord après Dieu ». Le carton remis a trois finalités. Le numéro correspond à celui de la couchette située sous le faux-pont. Le premier chiffre (4) correspond au numéro du canot de sauvetage que je dois emprunter en cas d’abandon du navire. Enfin, lors d’éventuelles escales, je devrais remettre ce carton dans une boîte avant de quitter le navire et le récupérer à mon retour. C’est un moyen pour l’équipage de s’assurer de n’oublier personne, au cas où l’on tomberait dans un traquenard dans un bar à matelots !
Le Belem s’arrache du quai du port de Ponta Delgada. Un grand frisson m’envahit. Nous quittons le monde des terriens pour rejoindre un autre, celui des marins et de la marine à la force du biceps. A peine le port quitté, le Commandant réunit stagiaires et équipage dans le grand roof. Cette pièce est une belle salle tapissée de boiserie exotique avec un magnifique escalier à révolution qui date de l’époque où le Belem fut le yacht du Duc de Westminster. Le Commandant présente son équipage … et l’invité surprise de cette traversée, Jean-François Deniau, académicien et marin émérite. Ce dernier est accompagné d’un « ange gardien » mis à sa disposition par la Marine Nationale, le docteur Xavier Maniguet. Grand bourlingueur des mers, c’est néanmoins la première fois de sa vie – il n’est plus tout jeune – que Jean-François Deniau navigue sur un trois-mâts.
Seize personnes constituent l’équipage : cinq officiers (le Commandant, le second, les deux lieutenants et le chef mécanicien), neuf matelots dont le bosco (maître d’équipage) et deux cuisiniers. Côté stagiaires, nous sommes au nombre de 37, soit un effectif inférieur à la capacité maximale (45 stagiaires).

Exercice d’abandon du navire
Les présentations faites et les premières consignes fournies par le Commandant, place à l’exercice d’abandon du navire, une heure à peine après avoir quitté le port.
Tous à nos bannettes (couchettes) pour récupérer les gilets de sauvetage et suivre ensuite l’exposé sur la sécurité assuré par le second sur le spardeck, le pont au-dessus du grand roof et à proximité du grand mât. Premier exercice, apprendre à enfiler correctement un gilet de sauvetage. Mieux vaut le savoir au cas où. Une bonne dizaine de minutes sera nécessaire. Ensuite repérage de « son » canot de sauvetage. Et enfin, apprentissage des règles de sécurité à vivre au quotidien telles que « ne pas courir sur le pont ni monter dans la mâture sans autorisation, ne pas crier, … » et celles qui seraient à appliquer en cas de coup dur. Premier coup dur envisageable, l’homme tombé à la mer (la marine reste très masculine dans ses expressions). Dans un tel cas, crier fort pour alerter l’équipage – d’où le fait de ne pas crier sur un bateau en temps normal – tendre son bras dans la direction du naufragé et le maintenir dans sa direction le temps nécessaire pour assurer le repérage. Lui lancer les bouées de sauvetage s’il est proche du bateau …. Situation encore plus gravissime, le feu ou la voie d’eau. Alerte de tous par la corne de brume dès la détection de l’avarie. Chacun doit s’emmitoufler au maximum pour résister au froid, prendre son gilet de sauvetage et se rendre prestement auprès de son canot de sauvetage. Ensuite, attendre stoïquement les ordres des officiers et rester zen !


Des quarts, des tiers et des moitiés
Une fois les consignes de sécurité assimilées, place aux explications sur l’organisation de la vie à bord.
Les stagiaires sont répartis en trois tiers correspondant à trois groupes de quart !
Comme sur tous les navires, la vie à bord du Belem est rythmée par les quarts qui divisent une journée de 24 heures en deux séquences de 4 heures espacées chacune d’une période de repos de 8 heures. Lors des quarts, le stagiaire est à la disposition de l’équipage pour assurer la navigation. Concrètement, un stagiaire est de quart, soit de 0 à 4 heures puis de 12 à 16 heures, soit de 4 à 8 heures puis de 16 à 20 heures, soit enfin de 8 à 12 heures puis de 20 heures à minuit. Dans le jargon, ces quarts se dénomment « 0-4 », « 4-8 » et « 8-12 ». Au cours de cette traversée, les stagiaires changeront de quart tous les trois jours. Ainsi je fus du 0-4, puis du 8-12 pour finir la traversée avec le 4-8. L’équipage est quant à lui soumis à des quarts fixes. Aux 8 heures de quart, les matelots consacrent en sus deux heures pour l’entretien du navire. Le régime des 35 heures par semaine des terriens est bien loin !
Reste les moitiés pour en finir avec les mathématiques organisationnelles. Les stagiaires sont répartis par moitié. L’exiguïté relative de la salle à manger des stagiaires, où se restaurent également les matelots, impose deux services de repas le midi et le soir, d’où cette répartition par moitié. Les officiers mangent dans le petit roof, servis par un matelot. Comme quoi, « on ne mélange pas les torchons et les serviettes sur le Belem » ! La tradition de la marine est sauve.

Nuit blanche et premier quart
Difficile d’aller se coucher après un dîner si copieux – tous les repas sont consistants sur le Belem – et sans avoir vu le soleil se coucher. Voir le soleil disparaître sous l’horizon est un rituel, au cas où « le rayon vert » pointerait le bout de son nez. Ledit rayon provient de la diffraction de la lumière sur l’horizon. Il nécessite, selon les experts, des conditions très particulières – absence de nébulosité entre autres – que nous n’aurons pas au cours de la traversée. Dommage de ne pas avoir vécu ce moment jugé féerique par ceux qui ont eu le bonheur de l’apprécier.
Il est près de 22 heures 30 quand je me décide à regagner ma couchette en espérant me reposer avant ma première prise de quart, une heure et demie plus tard. Si les bannettes sont correctes, les espaces qui les séparent sont riquiqui. Mieux vaut ne pas être trop corpulent. Il fait une chaleur à crever car la climatisation a été coupée. Par malchance, j’ai la tête contre la paroi de la salle des machines. Éole s’étant absentée en début de soirée, la navigation se fait au moteur, d’où un bruit d’enfer. A minuit moins le quart, un matelot vient secouer tous les stagiaires du 0-4.
Un café bouilli avalé, rendez-vous à la timonerie (poste de pilotage) située à l’arrière du bateau. C’est le point de ralliement pour la distribution des rôles. A chaque début de quart, l’un des trois matelots répartit les rôles entre les stagiaires. Un quart est divisé en trois rôles de durée équivalente : un rôle de veille, un rôle de barre et un rôle de disponibilité (dispo). Tous les rôles sont assurés par les stagiaires réunis par petits groupes d’environ cinq personnes. Chaque rôle est encadré par un matelot.
Le rôle de veille consiste à scruter l’horizon, posté sur le gaillard d’avant (à l’avant du bateau). Bien que le Belem soit équipé de radars, la détection visuelle reste une exigence car des objets flottants, tel un conteneur entre deux eaux, sont difficilement détectables par les radars. De nuit, il faut néanmoins reconnaître que la détection d’objets de cette nature est quasi impossible. Deuxième rôle : la barre. Tour à tour, chacun prend la barre, une vraie et grande barre en forme de roue. La mission consiste à suivre le cap fixé par l’officier de quart. Le barreur exécute les consignes. A priori, ça paraît simple. La réalité est bien différente, du moins au début. Lors de cette première prise de barre, le navire est au moteur. Il ne subit pas l’influence du vent car il est très faible. Pourtant, il ne conserve pas son cap. Le néophyte se fait rappeler à l’ordre par le matelot de quart. Cinq degrés à droite. Le Belem n’obéit pas. Alors on se dit que si on met cinq degrés de plus, il va réagir. Que nenni, il ne bouge toujours pas. Deux minutes plus tard, le navire commence à faire une embardée à tribord. Vite, vite, dix degrés à gauche. Il faudra encore attendre beaucoup de minutes avant qu’il reprenne son cap. Je fais faire des zigzags au Belem. Première expérience peu concluante. Je me fais rappeler à l’ordre plusieurs fois ! J’abandonne bien vite la barre à un autre stagiaire et met à profit le temps restant à comprendre comment ça fonctionne.
Dernier rôle pour cette première nuit, celui de la dispo. Cela consiste à rester à la disposition de l’officier de quart. Quartier libre en quelque sorte dans l’attente d’une éventuelle manœuvre à réaliser. Ce ne sera pas le cas le premier soir puisque toutes les voiles sont affalées. Sauf à palabrer avec les collègues de quart, ce rôle est propice à l’oisiveté ou à la contemplation des étoiles. Pas cette fois, la nuit est d’encre.
Quatre heures du matin, ce premier quart s’achève. J’ai sommeil. Direction, la bannette. Bonjour, bonsoir, nous croisons le 4-8 qui sort du lit. La climatisation fonctionne. A ce moment, il fait un froid de canard. Le moteur est toujours aussi bruyant. Je ne dors pas. Déjà 7 heures et le petit-déjeuner. Je sors de mon antre tel un zombi. J’ai la tête dans le sac. Une nouvelle journée commence …

....

(c) Récit de Yann Saint Caradec - 2002

suite ci-dessous...

_________________
Bien amicalement,
Myriam


Gréements.com
AmisDesGrandsVoiliers.org

Cliquez :


Dernière édition par le Mer 9 Nov 2005 - 12:08, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.greements.com/
Myriam Villert
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1754
Localisation : Orly
Nb de stages : 30
Nb de jours : 171
Nb de milles : 14 379 milles :

- Traversée Atlantique en 2008
- Maroc 2009
- Irlande 2010
- Tour de Corse 2011
- Iroise Manche Méditerranée
de 2004 à 2007

Date d'inscription : 24/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 12:00

... suite


Citation :
Propre comme un sou neuf
Que de rôles sur le Belem. Outre les rôles inhérents aux quarts, il y a aussi des rôles de propreté et de services à table.
La propreté est une exigence. Chaque matin, après le petit-déjeuner, matelots et stagiaires, à l’exception de ceux du 8-12, sont répartis en deux groupes. Le premier est chargé du nettoyage du pont, le second de la batterie (salle à manger, sanitaires).
A coup de balais brosse et de lance à incendie, les ponts sont récurés et rincés des embruns. Puis, c’est au tour des cuivres d’être fourbis à grand renfort d’huile de coude et de vieux jeans imbibés de « Miror ». Que de cuivres sur un tel navire ! Les efforts consentis sont probants : ceux-ci brillent de mille feux sous le soleil. Pour une courte durée car, en mer, les embruns auront tôt fait d’appliquer un voile qui les ternira. Quand l’équipe d’extérieur s’active, celle des coulisses ne chôme pas. Ici aussi, tout est lavé minutieusement avec un résultat équivalent à la tornade blanche de Monsieur Propre.
Dernier rôle, celui du service à table. Chaque stagiaire assure pendant la traversée au moins un service de petit-déjeuner et un service de repas (déjeuner ou dîner). Dresser la table, servir les plats, ramasser les couverts, nettoyer la table, essuyer la vaisselle, telles sont les tâches inhérentes à ce rôle. Pas de difficultés particulières si ce n’est le transport des plats. La cuisine est au-dessus de la salle à manger, elle jouxte le grand roof. Donc, tout serveur doit emprunter un escalier particulièrement raide … avec, au menu, toujours des plats en sauce. Par mer calme, c’est presque un jeu d’enfant. A l’inverse, quand la gîte et le roulis sont de la partie, attention aux dégâts ! Il arrive que la sauce du cuisinier ne soit pas au rendez-vous de ses hôtes. C’est aussi la valse des assiettes, couverts et cruches à eau sur la table, sans compter la sauce – toujours elle – qui fait des vagues dans l’assiette … et parfois, la table est débarrassée sans effort en un clin d’œil. Astuce pour limiter les dégâts : tout poser sur une serviette en papier imbibée d’eau, elle fait office de ventouse !
Régime sec sur le Belem. Seuls les officiers ont la possibilité de boire du vin. L’alcool est proscrit pour tous les autres. Seule exception la veille du débarquement quand le Commandant offre le punch, une autre tradition sur le Belem. Punch qui se termine en chansons à boire …


Briefings du Commandant et causeries de Jean-François Deniau
Autre rituel sur le Belem, le briefing du Commandant à 10 heures. Réunion dans le grand roof pour un exposé sur la navigation réalisée au cours des 24 heures passées et celle prévue pour la journée. Une occasion pour le Commandant Péry d’agrémenter son propos de commentaires avisés sur la navigation, lesquels déclenchent invariablement une série de questions de la part des stagiaires. Le briefing prévu pour un quart d’heure dure ainsi environ une bonne heure.
C’est normalement la seule réunion de la journée. Sauf au cours de cette traversée où Jean-François Deniau, en alternance avec son médecin, tient salon à 15 heures pour une causerie, toujours dans le grand roof. Excellent conteur, Jean-François Deniau nous tient en haleine sur des sujets aussi divers que les « mystères de l’Atlantique », « les corsaires, pirates et flibustiers », « le courage », … Il développe ainsi, de sa voix très particulière, des thèmes qu’il a traités dans son ouvrage, « le dictionnaire amoureux de la mer », pour le plus grand bonheur des stagiaires.
De son côté, avec un style très différent, Xavier Maniguet nous fera découvrir, entre autres, le monde des requins (sa marotte) et la survie en mer, sujet qui nous rappelle un certain Alain Bombard.

La tournée des cabillauds avant la manœuvre
Que de cordes sur le Belem, pardon … de bouts. La seule corde (pouvant être appelée ainsi) sur un navire est celle de la cloche. Leur présentation est assurée lors de la traditionnelle tournée des cabillauds (point de fixation des extrémités des bouts) quelques heures après l’embarquement. Le Belem dispose de pas moins de 4,5 km de bouts ! Chacun, selon sa fonction, a un nom particulier : drisse, cargue, bouline, écoute, …. Difficile de retenir toute cette terminologie sauf à y passer du temps pour l’assimiler. Question d’intérêt.
Toutes les extrémités de ces bouts sont parfaitement lovées (enroulées) et accrochées sur des cabillauds, d’où elles pendent dans l’attente d’une future manœuvre. Le rangement est un art cardinal sur un bateau car il faut penser à la situation qui impose une réaction rapide. Pas question que les bouts s’entremêlent les uns aux autres et fassent des nœuds dans une situation d’urgence.
Hisser, carguer, brasser, … nous voilà à la manœuvre sur les consignes d’un matelot, lui-même sous les ordres du Commandant ou du second. Le vent change de direction, la mer se forme ou un grain se prépare, un changement de cap est programmé, il faut adapter l’allure à la situation. Tous sur le pont pour hisser ou affaler les voiles, les régler, ou brasser les vergues (les faire pivoter autour du mât). Ici, la force des biceps s’impose, c’est la marine à l’ancienne … sans winch. Vingt et une voiles d’une surface de 1 200 m2, ça exige de l’énergie pour les manipuler. Nous sommes une bonne trentaine à la manœuvre et ce n’est pas de tout repos, loin s’en faut. Dire qu’à son époque commerciale, le Belem ne pouvait compter que sur ses 13 hommes d’équipage pour réaliser un tel travail. Cela force l’admiration.

Tout là-haut sur le cacatois
Naviguer sur un trois-mâts sans monter dans les vergues générerait une énorme frustration. L’équipage du Belem nous fera ce plaisir de pouvoir grimper tout là-haut, à une trentaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. Un grand moment, intense en émotion.
Parfaitement harnachés, nous entamons l’ascension par petits groupes, encadrés par les matelots dans leur rôle de gabier. La première échelle est rigide, c’est celle des haubans. Ensuite vient l’échelle de corde. Elle n’est pas très stable mais sa largeur permet un bon positionnement du pied. Arrivés au niveau de la première vergue, il faut s’extraire de l’échelle. Pas question de lâcher prise car ce serait la chute. Hop, vite fait, on s’attache au filin d’acier qui longe la vergue. La tension baisse d’un coup. Maintenant, le petit groupe s’étale sur toute la largeur de la vergue en se déplaçant sur un autre filin. Je suis à l’extrémité, au-dessus de l’eau. C’est superbe. Nous profitons de notre présence pour ferler la grand voile (confectionner des plis) avant de la rabanter (la fixer à la vergue avec des petites cordelettes). Le travail achevé, direction la vergue du hunier fixe, 4-5 mètres plus haut. Instant délicat entre les moments où il faut se désolidariser de la vergue et s’agripper à l’échelle. L’ascension redémarre jusqu’au nid d’aigle (plateforme d’observation) qui se situe avant la vergue suivante. A ce niveau, l’échelle est en dévers ! Malgré la difficulté apparente, les explications du gabier permettront un franchissement de l’obstacle plus facilement que prévu. Parvenus à cette vergue, le spectacle est encore plus beau car nous avons pris de la hauteur (10 mètres au-dessus de la mer). Les stagiaires présents sur le pont commencent à rapetisser. La contemplation sera de courte durée car un grain est annoncé. Il faut immédiatement redescendre. Dommage. Le grain annoncé n’arrivera pas ! Même si c’est rageant, tout un chacun comprend que l’équipage soit sourcilleux sur les conditions de sécurité des stagiaires. C’est à leur honneur.
Quelques jours plus tard, nouvelle séance de grimpée dans la mature. Cette fois-ci, nous atteindrons la vergue la plus haute, le cacatois. L’ascension dans sa phase finale n’est pas facile. L’échelle de corde se réduit au fur et à mesure de l’ascension. Il y a juste la largeur pour y mettre le pied. Le deuxième nid d’aigle sera franchi avec un peu plus d’adrénaline que le premier. Effet de la hauteur sans doute. Mais arrivés tout là-haut, le spectacle est magnifique. Les sensations sont fortes, surtout à l’extrémité de la vergue. On aimerait y rester des heures tant l’on se sent léger comme l’air, tant la vue est grandiose …

....

(c) Récit de Yann Saint Caradec sur sa navigation à bord du Belem en 2002.


... suite ci-dessous

_________________
Bien amicalement,
Myriam


Gréements.com
AmisDesGrandsVoiliers.org

Cliquez :


Dernière édition par le Mer 9 Nov 2005 - 12:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.greements.com/
Myriam Villert
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1754
Localisation : Orly
Nb de stages : 30
Nb de jours : 171
Nb de milles : 14 379 milles :

- Traversée Atlantique en 2008
- Maroc 2009
- Irlande 2010
- Tour de Corse 2011
- Iroise Manche Méditerranée
de 2004 à 2007

Date d'inscription : 24/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 12:02

... suite

Citation :

Un petit point au milieu d’un cercle d’eau
Je ne l’avais pas imaginé avant d’embarquer. Au milieu de l’océan, nous sommes au centre d’un cercle d’eau désert. Seul horizon, la mer. Navigant hors des routes commerciales, nous n’avons pas vu un seul bateau pendant au moins les trois quarts du trajet. Uniquement de l’eau et aucun oiseau. Seul témoignage de vie, la visite régulière des dauphins et, par deux fois au loin, un cétacé venu prendre un bol d’air.
Les dauphins, des joueurs-acrobates invétérés. Par bande, ils viennent nous saluer en faisant des pirouettes, des chandelles, des sauts de mouton, … tout en nageant à des vitesses phénoménales. Leur zone de spectacle privilégiée, la vague d’étrave à l’avant du navire. Le spectacle est toujours de courte durée, dix minutes au maximum. Parfois, ils passent à bonne distance du navire en filant tout droit, toujours en groupe. D’autres fois, ils sont en chasse lorsqu’ils battent la mer avec leur queue (moyen pour estourbir leur proie). C’est toujours un spectacle dont personne ne se lasse. A telle enseigne qu’à chaque visite de dauphins, l’équipage et les stagiaires sont tous sur le pont !

Lucioles et voûte céleste
Bien que fatigant, le « 0-4 » est le quart qui procure les plus belles sensations. Au milieu de la nuit, avec pour seules lumières celle (tamisée) de la timonerie et celle des feux de position, tout est différent : l’espace, les relations humaines, la perception des mouvements et des bruits, la vie de la mer et celle du ciel.
Une dizaine de personnes s’approprient le navire pendant ce quart de nuit. Ce sentiment de « possession » instille un esprit de connivence et de responsabilité entre les stagiaires, et entre eux et les matelots. C’est le moment propice à la discussion qui relève plus de la philosophie que des propos de comptoir. Des instants où l’on porte un autre regard sur l’existence …
La nuit, c’est l’apparition des formes fugaces. Des ombres qui se déplacent furtivement sur le pont, qui disparaissent pour mieux réapparaître, toujours dans un flou à la Hamilton. Les mouvements du bateau apparaissent eux-mêmes syncopés.
A l’opposé, les bruits perçus la nuit sont plus francs que de jour. Le vent dans les voiles, leurs froissements, l’affrontement entre le bateau et la mer se font entendre distinctement. Le son de la vague d’étrave devient net avec une pointe de violence. Le bruit du frottement de l’eau sur la coque est clair et régulier avec quelques variations d’amplitude selon l’intensité de la houle ou la force des vagues.
Certains soirs, le son se marie avec la lumière, dans l’eau et dans le ciel. Dans l’eau avec la présence de lucioles visibles dans le sillage et le long de la coque. L’eau est en feu, c’est magique ! Un phénomène qui est dû à la présence de plancton phosphorescent. Magique est également le ciel étoilé. La voûte céleste embrasse les vergues du Belem de ses milliers d’étoiles. Celles-ci forment un arc-en-ciel lumineux pour la plus grande joie des férus d’astronomie.
Et quand parvient de la timonerie le son de la « Mer » de Debussy ou les valses viennoises de Strauss, alors là, le bonheur suprême est à vos pieds !

Microcosme de la société française sur le Belem
Le plus jeune des stagiaires a 14 ans, il est accompagné de son papa. Le plus vieux, du haut de ses 73 ans, a bon pied, bon œil ; ce n’est pas la première fois qu’il navigue sur un trois-mâts. L’âge moyen se situe dans la fourchette 40-50 ans. Les femmes sont au nombre d’une dizaine, soit le tiers de l’effectif.
La grande majorité des stagiaires découvre le Belem et la navigation à l’ancienne pour la première fois. Une petite moitié appartient à la famille des « voileux », les adeptes de la plaisance. Quelques irréductibles du Belem affichent déjà plusieurs stages à leurs passeports. Jusqu’à une bonne dizaine pour l’une d’entre elle qui passe dorénavant ses vacances d’été sur le Belem depuis qu’elle l’a découvert. Les groupies du Belem forment, de fait, un petit groupe à part qui vit en symbiose avec les matelots. A tel point, que l’un d’entre eux est souvent pris pour un membre de l’équipage. Il faut dire qu’il a le look de l’emploi !
Sur le plan sociologique, les stagiaires constituent une petite France avec un léger prisme déformant. Toutes les strates de la population sont représentées, du cheminot à la retraite au pilote d’Airbus en passant par la chômeuse, le toubib et les cadres moyens et supérieurs. Ces derniers constituent le lot majoritaire.
Cinquante cinq personnes (stagiaires et membres d’équipage) sur un espace non extensible (58 mètres de long pour 8 mètres de large) et sans échappatoire pendant 10 jours, qu’est-ce que cela donne ? Une alchimie étonnante où la sérénité prime sans limer, pour autant, les personnalités. Les contemplatifs, postés au pied du beaupré (à l’avant du navire), ont la mer pour horizon. Ce sont les moins causants. Les rêveurs ont la tête dans les voiles et les étoiles. Les participatifs sont toujours prêts pour les manœuvres, les rôles de quart et d’entretien. Ce sont souvent les plus sociables. Les « absents » passent plus de temps dans le faux-pont (couchettes) que dessus. Pourquoi sont-ils venus ? Mystère. Reste les voileux qui ont une fâcheuse tendance à s’approprier la barre et à la conserver. Cette diversité de comportement ne génère pas de tension, du moins en apparence. Chacun a l’intelligence d’accepter son voisin tel qu’il est, avec bonne humeur et un brin d’humilité.

Paris Plage dans l’attente de la sortie en Zodiac
Après une matinée bien occupée, c’est quartier libre l’après-midi sauf pour ceux de quart. Chacun vaque à ses occupations favorites : lecture, papotage, contemplation de la mer, … Lors des journées très ensoleillées (plusieurs jours au cours de la traversée), le spardeck et le gaillard d’avant se transforment en Paris Plage, transats en moins. Crème solaire, lunettes de soleil, short sont de sortie. Les stagiaires sont affalés dans tous les sens, à même le pont. Qu’il est doux de ne rien faire quand le vent gonfle les voiles ou les fait claquer. Le temps s’écoule lentement, lentement, …
Autre rituel sur le Belem, la sortie en zodiac pour faire le tour du bateau en pleine mer. C’est le moment où les appareils photos crépitent à tout va. Chacun a cœur de fixer sur la pellicule le Belem dans toute sa splendeur, toutes voiles (ou presque) dehors. Encore un grand moment de plaisir … et de souvenir.

Équipage amoureux de son bateau
Professionnel et passionné, tels sont les qualificatifs à attribuer à tous les membres de l’équipage du Belem, du Commandant à l’aide cuisinier. Le Belem, c’est leur bébé. Ils en sont amoureux. C’est avec une réelle fierté qu’ils se prêtent au jeu des questions-réponses, toujours avec pédagogie et sensibilité. Nous sommes bien sur un trois-mâts école, avec des maîtres compétents et chaleureux.
Par contre ils sont très superstitieux … comme tous les marins du monde. Ne leur parlez jamais de lapin. C’est un mot de terrien à bannir totalement sur un bateau. Le prononcer crée au minimum une gêne, au pire de la colère. La bête aux grandes oreilles a mauvaise presse. Pourquoi ? Je n’ai pas percé le secret …

Compétition de vitesse entre quarts de nuit
Durant toute une journée, la mer est devenue forte. La gîte et le roulis sont alors prononcés. La station debout n’est plus évidente de prime abord. Les conditions obligent à adopter une attitude de balancement opposée à celle du navire pour atteindre un état d’équilibre. État précaire si l’on n’anticipe pas suffisamment l’alternance des mouvements du navire. En fin de journée, le vent forcit. La nuit sera très agitée. Nous sommes comme des rouleaux à pâtisserie dans nos couchettes. Seule la position en chien de fusil permet une stabilité toute relative.
Les quarts de nuit se seront donnés à cœur joie pour tirer sur la bête et créer l’émulation. Le 0-4 atteint une moyenne de 10 nœuds, ce qui est déjà beaucoup pour le Belem qui n’est pas très véloce depuis qu’il traîne des hélices. Le 4-8 relève le défi et gagne avec une vitesse de 11 nœuds. Record battu !
Les conditions de navigation au cours de cette traversée auront été variées. De belle à mer forte, sous un ciel lumineux à couvert, voire pluvieux, avec vent faible à fort. De tous les stages de cette odyssée atlantique, celui effectué est l’un des plus faste. Les 1 200 milles ont été parcourus en 215 heures, soit une moyenne de 5,5 nœuds dont plus des deux tiers sous voile. Que du bonheur !

Retour sur le plancher des vaches
Dimanche 14 juillet, à 9 heures sonnantes, le Belem franchit le sas d’entrée de l’un des bassins du port de Saint-Nazaire. L’odyssée atlantique s’achève. Une foule compacte nous accueille, au son du biniou et de la bombarde du bagad de Lann Bihoué. Au pied de la passerelle, un fort contingent de stagiaires des précédentes étapes nous attend. La grande famille du Belem se retrouve le temps d’une photo souvenir. La boucle est définitivement bouclée.
Je foule le sol, l’esprit apaisé, tout heureux de ma nouvelle découverte. Juré, promis, j’y retournerai.

(c) Récit de Yann Saint Caradec - 2002

bravo yess yess

_________________
Bien amicalement,
Myriam


Gréements.com
AmisDesGrandsVoiliers.org

Cliquez :
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.greements.com/
Myriam Villert
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1754
Localisation : Orly
Nb de stages : 30
Nb de jours : 171
Nb de milles : 14 379 milles :

- Traversée Atlantique en 2008
- Maroc 2009
- Irlande 2010
- Tour de Corse 2011
- Iroise Manche Méditerranée
de 2004 à 2007

Date d'inscription : 24/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 12:20

eau Les recherches sur la toile avec le nom de l'auteur ... m'ont finalement donné les coordonnées du blog de Yann Saint Caradec...

Arrow http://www.leblogdelamer.fr/ cool

Au départ, j'ai trouvé le récit sur un portail du web de la mer fort intéressant

Arrow http://www.marseamer.fr/


Bonne consultation !!!

_________________
Bien amicalement,
Myriam


Gréements.com
AmisDesGrandsVoiliers.org

Cliquez :


Dernière édition par le Mer 9 Nov 2005 - 17:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.greements.com/
Pauline
Moussaillon très bavard
avatar

Nombre de messages : 315
Localisation : Ajaccio
Nb de stages : 9
Date d'inscription : 26/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 17:24

Myriameueueueueu !!!

Comment veux-tu qu’on bosse si tu nous trouves toujours des récits aussi intéressants à lire ???
Ce Yann Saint Caradec (avec nom et prénom qui fleurent bon le Kouign Aman) écrit drôlement bien ! yess
J’ai beaucoup apprécié son récit mais… ma productivité au boulot est proche du zéro absolu… si tu vois ce que je veux dire … ashamed

Encore une belle ambiance de travail cet aprèm…

Bon allez… ACTION !!! comme dirait un certain bosco … Very Happy

Amicalement à tous,
ciao
pirate
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Myriam Villert
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1754
Localisation : Orly
Nb de stages : 30
Nb de jours : 171
Nb de milles : 14 379 milles :

- Traversée Atlantique en 2008
- Maroc 2009
- Irlande 2010
- Tour de Corse 2011
- Iroise Manche Méditerranée
de 2004 à 2007

Date d'inscription : 24/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 17:28

bah Désolée Pauline, fun fun fun moi je bosse
... et j'arrive à concilier les 2 en même temps ... question de pratique Mr.Red

_________________
Bien amicalement,
Myriam


Gréements.com
AmisDesGrandsVoiliers.org

Cliquez :
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.greements.com/
Pauline
Moussaillon très bavard
avatar

Nombre de messages : 315
Localisation : Ajaccio
Nb de stages : 9
Date d'inscription : 26/05/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 18:12

Ah mais toi tu es trop forte !
Tu es ADMINISTRATEUR ! voire TRICE...
la classe !!! glasses
rire

pirate
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SophieD
Moussaillon bavard
avatar

Nombre de messages : 37
Localisation : Arras
Date d'inscription : 14/09/2004

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 18:31

en tout cas même si on arrive à travailler entre deux lectures,

çà donne envie de se trouver ailleurs que devant son ordinateur et repartir à bord rapidement cool

alors, merci Myriam pour ces quelques moments d'évasion

ciao

Sophie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amandine
Moussaillon très bavard
avatar

Nombre de messages : 69
Age : 31
Date d'inscription : 15/09/2005

MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   Mer 9 Nov 2005 - 18:39

youpi entièrement d'accord avec sophie
merci beaucoup myriam pour ces moments d'évasions (après le boulot biensûr oups oops )!!!!!!!
A bientôt tt le monde!!
Amandine
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002   

Revenir en haut Aller en bas
 
Récit de Yann Saint Caradec- Odyssée 2002
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» poet poet étang St Caradec
» Rallye de Kerbristou 2006.
» salut à tous
» 7eme rallye de kerbristou
» Société Bretonne de Profilage (22)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Stagiaires du Belem :: Toutes vos questions - réponses sur les stages :: Consultez les récits de navigation des stagiaires-
Sauter vers: