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 Carnet de route du Christian Radich

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Myriam Villert
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MessageSujet: Carnet de route du Christian Radich   Mer 13 Juil 2005 - 10:13

eau des nouvelles de la course...

(c) Cherbourg - maville.com


mercredi 13 juillet 2005
Carnet de route à bord du Christian Radich

Citation :
Le départ de la première étape de la Tall Ships' race a finalement été donné lundi à midi. Depuis, les grands voiliers sont entrés en Manche. La ligne d'arrivée, au cap de la Hague ne devrait pas être franchie avant jeudi midi.

Carnet de route des premiers jours de course.

· Vendredi 8 juillet, Waterford. Tous les bateaux ne sont pas là. Le Pride Of Baltimore se présente en fin d'après-midi. En une manoeuvre impeccable, il est à quai. Les rues grouillent de monde Les policiers de la Garda et de la défense civile ont fort à faire pour contenir cette foule qui grossit d'heure en heure. Tout ce monde est venu voir le feu d'artifice et saluer les grands voiliers. Le plus imposant de tous, le Kruzenstern, avec ses cadets russes, est illuminé. Une légère bruine se met à tomber. Sur le Christian Radich, une réception. Sur le Dewaruci, l'Indonésien, une réception, sur le Dunbrody, symbole Irlandais de l'émigration, une réception. Il faut montrer patte blanche pour y accéder. La pluie s'accentue, arrosant une foule compacte qui avance en piétinant. Les vendeurs de souvenirs proposent un bric-à-brac d'objets ayant plus ou moins trait au bateau. Tee-shirts, porte-clefs, balles visqueuses et lumineuses en caoutchouc font la fortune des vendeurs à la criée. Dans chaque pub, des orchestres. La Guiness coule à flots. A 23 h, le temps s'arrête avec les premiers tirs du feu d'artifice. Mais les fusées ne parviennent pas à trouer la brume qui s'est abattue sur la ville. Un concert de cornes de brumes salue la fin de fête en Irlande. La fête dure toute la nuit. Les équipages, sont déjà à bord. La journée sera longue.

· Samedi 9 juillet, sur le pont : tout le monde sur le pont ! Les yeux embués et les cheveux en bataille, les quatre-vingts « trainees » qui font la traversée jusqu'à Waterford, ont du mal à trouver leurs marques. Il y a là des Anglais, des Français, des Norvégiens, des Irlandais, des Allemands. Et une vingtaine de membres d'équipage. Jens, l'un des officiers du trois-mâts nous prend sous son aile. Un petit tour du navire, et les premières consignes : pas de drogue, pas d'alcool à bord. Pas de claquements de portes non plus : « Vous allez fonctionner par quarts. N'oubliez pas qu'il y a toujours quelqu'un qui essaie de dormir, pendant que vous travaillez. ». Il est 8 h 30. Le Christian Radich quitte les quais de Waterford. Près de la marina, des Irlandais matinaux saluent le passage des bateaux. Le spectacle est magique sur les eaux de la Suir, une ria qui a de faux airs bretons. Un à un, les « classe A », accompagnés par les plus petites unités de la course, se présentent à l'embouchure. Sous les falaises irlandaises, les navires déploient leurs voiles. Le départ de la course doit être donné à midi. 387 milles jusqu'à Cherbourg. Direction sud, une bouée à virer près des Scilly, puis cap à l'est, pour une traversée de la Manche. Les voiliers font des ronds dans l'eau. Majestueux. Mais la pétole s'est installée. Le capitaine du Christian Radich, Clas Jagdum, un Norvégien réservé, prend place sur le pont principal. D'une voix forte, il assène sa vision de l'étape à ses nouvelles recrues : « Nous sommes là pour trois raisons : premièrement gagner, deuxièmement survivre, et enfin, prendre du plaisir à naviguer. » Dans l'ordre. Deux heures passent. Pas un pet de vent au large de l'Irlande. Si le spectacle autour de nous est saisissant de beauté, le temps tire en longueur. Des nouvelles enfin. Elles sont mauvaises : « le départ de la course est reporté à 16 h ». A 18 h, nouveau report. « Si le vent se lève, nous pourrons partir ce soir à 22 h » Mais Éole ne veut pas souffler. Nouveau briefing du commandant à 20 heures : « Les quarts sont annulés. Nous allons faire route au moteur toute la nuit jusqu'à un point de ralliement. Le départ de la course sera donné demain à midi. » Déception dans les rangs. Marjolaine, une jeune parisienne qui a déjà navigué sur le Belem, est catégorique : « C'est toujours comme ça. En mer on passe son temps à attendre. ».

· Lundi 10 juillet, en mer : Plus une terre en vue. La nuit a été mauvaise. Beaucoup n'ont pas pu dormir dans leurs hamacs suspendus trois par trois au plafond d'acier de la salle principale du navire. Promiscuité, ronflements, rires et conversations bruyantes ont rythmé cette première nuit en mer. Quelques mises au point sont nécessaires. Pas le temps de souffler. Ceux qui sont de quart de 8 h à midi, sont mis dans le bain. Il faut tout de suite monter sur l'impressionnante mâture du voilier. 37 mètres de hauteur pour le « Main Mast », le grand mât. Quelques hésitations, mais les plus jeunes y vont. « Le coeur bat à 200 à l'heure. Mais là-haut, la vue est incroyable. »

Pour les trainees, la discipline est quasi-militaire. L'heure c'est l'heure. Il faut répondre à chaque coup de sifflet de Lotte, une maîtresse femme difficile à dérider. Quand on est de quart, il faut rester sur le pont. Assurer les tâches du bord. Certains sont affectés en cuisine, préparent le pain, épluchent les légumes. On forme aussi des binômes. A la proue du voilier, deux vigies surveillent la mer. Il peut y avoir des dangers. L'équipage redoute les objets flottant. Deux autres trainees assurent des rondes de sécurité sur le bateau. Principalement pour éviter les incendies. « le plus grand danger à la mer. » Enfin, sous les ordres du bosco, René le Danois, un personnage grimé en pirate et tatoué de scorpions, les autres stagiaires sont priés de donner un coup de main pour tirer sur les « ficelles ». « Vous êtes nos moteurs, notre énergie. C'est grâce à vous que nous allons gagner ! »

Gagner ? Lundi soir, rien n'était moins sûr. Après un départ brillant dimanche midi, le Christian Radich, pourtant bon marcheur, s'était fait griller la politesse dans la nuit par le Mir. Pas de quoi s'affoler pour le commandant, qui a quelques atouts dans la manche. Le handicap est favorable. On verra à Cherbourg.


Thierry DUBILLOT.

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Bien amicalement,
Myriam


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